06/10/2026
Artiste peintre installé à Albi, en Occitanie, Jérôme Muscat s'est imposé comme l'une des voix singulières de l'aquarelle contemporaine.
Invité d'honneur prochainement au Salon de Morcenx et régulièrement sélectionné à l'international, il place la figure humaine au centre d'une recherche où l'eau et le trait s'affrontent.
Vous définissez votre aquarelle comme "organique et sauvage". C'est à l'opposé de l'image qu'on en a souvent...
Oui, c'est exactement pour ça que je le précise. L’aquarelle est souvent associée à la poésie, au calme et à la retenue.
De mon côté, je recherche plutôt son côté organique et sauvage.
L'aquarelle contemporaine pour moi, c’est accepter que l’eau et le pigment aient leur propre volonté sur le papier.
C'est un espace de tension, de lâcher-prise, parfois de chaos assumé mais toujours avec une intention palpable.
Ce chaos, vous l'organisez comment ?
Je ne cherche pas à tout contrôler. Au contraire. Je pose un lavis, je laisse l'eau faire, et ensuite je viens trancher avec l'encre.
Dans ma pratique, j'expérimente beaucoup et je me permets l'utilisation d'autres médiums qui mettent en valeur l'aquarelle et renforcent le message de l'œuvre.
Par exemple dans ma dernière série Impulsion, je l'accompagne de la densité et du côté brut de l'encre noire pure et de quelques touches de Posca.
Votre sujet de prédilection reste le visage, le regard.
Oui, depuis toujours.
Je suis autodidacte, j'ai commencé par des carnets de croquis, puis je me suis ancré dans l'étude du modèle vivant aux Beaux-Arts de Toulouse.
Ce qui me fascine, c'est l'énergie du geste et ce qui se joue dans un regard en une fraction de seconde.
Mon travail explore un équilibre singulier entre rigueur anatomique et lâcher-prise total.
Justement, entre rigueur et lâcher-prise, où vous situez-vous quand vous peignez ?
Au milieu. Toujours au milieu. Si je suis trop dans la rigueur, je perds la vie. Si je suis trop dans le lâcher-prise, je perds la présence.
Quand je peins, je ne cherche pas à reproduire un sujet, je cherche à capturer un moment, une impression, un mouvement.
Vos séries s'appellent Présences, Calliope, Impulsion. Ce sont des états plus que des thèmes ?
Complètement. Ce ne sont pas des séries thématiques.
C'est Entre chaos et silence, une présence émerge. C'est ma phrase.
C'est ce que je cherche dans chaque portrait : ce moment où, au milieu de la tache, du lavis qui fuse, apparaît quelqu'un. Avec sa tension, sa vulnérabilité et sa force.
Vous enseignez aussi à Albi. Qu'est-ce que vous transmettez à vos élèves ?
Que l'aquarelle n'est pas une technique timide. C'est un medium qui demande du courage.
D'accepter de rater, de laisser l'eau aller trop loin, et de revenir avec un trait radical pour sauver l'image.
C'est ça, l'aquarelle contemporaine pour moi.
Infos :
Jérôme Muscat - Artiste Plasticien & Aquarelliste
Atelier : 13 rue Alain Mimoun, Albi
Cours, stages et mentorat : jmuscat.com
Œuvres : shop.jmuscat.com
Instagram : Instagram JM